Chronique littéraire

22 septembre 2010

A l instar des « Two door cinema club » on pense aussi que « something good can happen here »

La preuve « Wunderbach » est de retour après une hum… légère pause estivale ?  Vous vous en doutez, un tel come-back mérite d’être salué avec panache. et c’est pas notre nouvelle contributrice qui dira le contraire…

Vous avez aimé « Wunderbach », les pépites cinématographiques de L., les mises en scène de K. et les chroniques de R. vous en voulez encore ? Alors découvrez les errances littéraires de E. Cette demoiselle est une librovore, confirmée. De Duras à Paul Auster en passant par Jorge Bucay, la belle n’a pas froid aux yeux et ne craint pas les grands écarts. C’est donc naturellement que nous lui avons proposé de distiller son « surplus » de culture sur notre blog. Ainsi vous retrouvez régulièrement sa sélection, pointue, décalée, subversive, bref « enlivrante ».

Martin Page, Comment je suis devenu stupide, Le Dilettante, 2000.

“ Être un vrai connard, c’est un bon remède à ma maladie. J’ai besoin d’un traitement radical: être un connard, ce sera la chimiothérapie de mon intelligence. C’est un risque que je prends sans hésiter. Mais si, dans six mois, vous voyez que je m’épanouis un peu trop en tant que…sale con, intervenez. Mon but n’est pas de devenir stupide et cupide, mais d’en laisser circuler des molécules dans mon organisme, pour purger mon esprit trop douloureux. (…) C’est aussi un risque. D’autant qu’être stupide apporte beaucoup plus de plaisir que de vivre sous le joug de l’intelligence. On y est plus heureux, c’est certain. Je ne devrai pas garder le sens de la bêtise, mais les éléments bénéfiques qui y nagent comme des oligo-éléments: le bonheur, une certaine distance, une capacité à ne pas souffrir de mon empathie, une légèreté de vie, d’esprit. De l’insouciance! (…) Finalement, en devenant stupide, je pourrai , pour une fois, faire preuve d’une étonnante intelligence.”

Antoine, 25 ans, brillant, constate que son intelligence fait son malheur. Il décide alors d’expérimenter la vie en tant qu’être stupide. Les tentatives d’intégration à cet état passent notamment par la décision de devenir méthodiquement  alcoolique, à celle du cours pour se suicider correctement.

Plus qu’une satire sociale, on caresse à travers l’ouvrage de Martin Page, le roman philosophique.

A la croisée de la tendresse et de l’ironie, l’auteur offre un roman à l’humour intelligent, se rit de l’intellectualisme prétentieux et met en lumière les ombres d’une intelligence trop lourde car inadaptée à la société actuelle.

Une critique poétique envers la société de consommation, dans laquelle abrutissement et lobotomie sont autant de possibilités d’accès au bonheur.

Son chemin vers “ la normalité” se fera au fil des pages, hilarantes et touchantes, absurdes parfois, intelligentes toujours. Avec en toile de fond ce danger de sombrer finalement dans la médiocrité, sans en pouvoir sortir.

Au final, tel un conte, ce livre éveille et ne vous rendra sûrement pas stupide.

3 Responses leave one →
  1. septembre 24, 2010

    Contente de vous retrouver!

    Il a l’air très sympa ce livre… merci pour la découverte!

    BiZ
    Caro from Geneva

  2. K & R permalink*
    septembre 28, 2010

    Merci à toi Caro ! Bises
    Les filles W.

  3. octobre 3, 2010

    Je connais, flûte! j’ai parcouru ce livre dans une librairie ya un moment, si j’avais su je l’aurais acheté.

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